
L’annonce du décès de Biyouna, ce mardi 25 novembre à Alger, a provoqué une vague d’émotion en Algérie et au-delà. De nombreuses personnalités, institutions et médias lui ont rendu hommage, saluant une artiste emblématique qui a marqué des générations.
L’Algérie est en deuil. L’actrice et comédienne Baya Bouzar, plus connue sous le nom de Biyouna, s’est éteinte ce mardi 25 novembre 2025 à l’hôpital de Béni Messous, à Alger, après un long combat contre un cancer du poumon diagnostiqué en 2016. Elle avait 73 ans.
Sa dernière apparition sur TikTok, en février 2025, avait déjà ému et alarmé ses admirateurs tant la star semblait affaiblie.

Personnalité iconique de la scène artistique algérienne, figure populaire en France et dans le monde francophone, Biyouna laisse derrière elle plus d’un demi-siècle de carrière : théâtre, cinéma, télévision, humour… Une présence flamboyante qui a marqué plusieurs générations.
Une vague d’hommages nationaux
Quelques heures après l’annonce de son décès, une pluie d’hommages s’est abattue sur les réseaux sociaux, les chaînes de télévision et la presse.
Les quotidiens nationaux — El Watan, Ennahar, Liberté, El Khabar, La Radio Algérienne — lui consacrent leurs unes et publient de longues rétrospectives sur sa carrière, ses rôles phares et son influence culturelle.
Berbère Télévision a rediffusé certains de ses passages marquants sur ses plateaux, tandis que des médias culturels comme Viny Culture, Algérie 360, L’Algérie Aujourd’hui ou encore La Patrie News ont partagé témoignages, extraits, portraits et analyses autour de son héritage artistique.
Une réaction officielle immédiate
Le monde politique n’a pas tardé à saluer sa mémoire. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a adressé un message de condoléances à la famille de la défunte, soulignant « le rôle majeur que Biyouna a joué dans l’évolution artistique de l’Algérie et la richesse qu’elle a apportée à notre scène culturelle ».

La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, qui avait ordonné une prise en charge urgente de l’actrice lors de l’aggravation de son état de santé, s’est dite « profondément attristée par la disparition d’une artiste libre, talentueuse et incomparable ».
Hommages internationaux : de Paris à Tunis
L’émotion dépasse les frontières algériennes. Plusieurs médias français, dont RTL, Paris Match ou encore Marie France, ont relayé la nouvelle, rappelant le succès de Biyouna dans Voilà Voilà, Le Grand Voyage, Nadia et les Hippopotames, ou encore la série française Plus belle la vie où elle avait marqué un large public.
Des personnalités politiques françaises ont également exprimé leur tristesse.
Sur X (ex-Twitter), Ian Brossat, sénateur de Paris, écrit : « Immense tristesse d’apprendre la disparition de Biyouna, grande voix de l’Algérie et artiste inoubliable. Son talent, sa liberté et son éclat continueront longtemps de nous accompagner. »
La maire-adjointe de Marseille Samia Ghali, le journaliste et humoriste Bruno Attal, ainsi que plusieurs artistes franco-maghrébins lui ont aussi rendu hommage. Dans la presse tunisienne, divers médias ont salué « une figure brillante et indomptable du monde arabe ».
Artistes, collègues et fans : une émotion partagée
Sur les réseaux sociaux, les messages affluent : vidéos d’archives, extraits de sketches, scènes cultes, éclats de rire… Les fans évoquent une femme « vraie », « audacieuse », « exceptionnelle ».
Acteurs, réalisateurs, chanteurs et humoristes, qu’ils aient collaboré avec elle ou simplement admiré son œuvre, expriment leur chagrin et leur reconnaissance.
Pour beaucoup, Biyouna était un modèle : une artiste qui n’a cessé de repousser les limites, de parler sans filtre, d’incarner une liberté de ton rare.
Une dernière demeure aux côtés des grandes figures algériennes
Selon La Patrie News, la dépouille de Biyouna sera inhumée mercredi 26 novembre 2025, après la prière du Dohr, au cimetière d’El Alia à Bab Ezzouar, où reposent de nombreuses personnalités algériennes.
Avec sa disparition, l’Algérie perd une artiste majeure, une femme charismatique dont la voix, la présence et la liberté resteront gravées dans le paysage culturel du pays.
Mais les hommages, massifs et unanimes, témoignent d’une certitude : Biyouna ne disparaît pas. Elle rejoint simplement les légendes.



