Jeune autrice algérienne : entretien avec Kahina Temzi
Kahina Temzi, alias “Millicent I. Zahra” ; la jeune autrice algérienne nous parle de son nouveau recueil fantastique intitulé “Street Sixteen”.

L’autrice connue sous le nom de plume Millicent I. Zahra, est de retour pour présenter son deuxième ouvrage : Street Sixteen, un recueil de nouvelles fantastiques paru en novembre 2024. Étudiante en langue et littérature anglaises à Tizi Ouzou, passionnée d’histoire et de littérature, Kahina Temzi écrit depuis l’adolescence. Son premier livre, Tout ce que je n’ai jamais su dire, publié aux éditions Imtidad le 1er novembre 2019, dévoilait une plume intime et sensible à travers 16 textes personnels, écrits alors qu’elle n’avait que 16 ans.
Cinq ans plus tard, elle revient avec un projet très différent : un recueil en anglais, mûri par sa formation universitaire et son amour profond pour la littérature anglophone.
« Street Sixteen » : une adresse, une histoire, un univers propre à Millicent
Kahina nous explique d’abord la signification du titre :
« Street Sixteen est un jeu de mots lié à la maison où je vis, achetée par mon grand-père en 1962 à une famille française. C’est une maison ottomane, et c’est là que se déroulent toutes mes histoires ! »
Le décor planté, elle nous parle du contenu du livre :
« C’est un recueil de quatre nouvelles de fantasy urbaine. Deux d’entre elles sont des retellings de classiques très connus. »
La première, Lessons in Grief, revisite Frankenstein. Kahina y met en scène un inventeur fou nommé Prométhée, clin d’œil évident à la mythologie grecque, ainsi que sa création, Dolly :
« Lessons in Grief raconte les leçons qu’elle apprend quand… un énorme événement arrive à Prométhée.
Je n’en dis pas plus pour éviter les spoilers ! »
Des réincarnations shakespeariennes inspirent la jeune autrice algérienne
La deuxième nouvelle, Lovely as She Is, est inspirée d’une théorie littéraire selon laquelle William Shakespeare et son épouse Anne Hathaway se seraient réincarnés à travers les siècles.
« Dans les quatre scènes de la nouvelle, on les voit se retrouver à plusieurs époques différentes. Je m’arrête ici pour garder un peu de mystère ! »
Résumer « Street Sixteen » en trois mots ?
À cette question, Millicent répond sans hésitation :
« Magic, madness and… murder ! »
Trois mots qui reflètent parfaitement l’âme du recueil : un mélange d’imaginaire, d’intensité et d’ombre.
Une évolution d’écriture déjà perceptible
Lorsqu’on lui demande si son style a évolué depuis sa première publication, Kahina s’exprime avec lucidité :
« Mes deux livres sont totalement différents, les genres ne sont pas comparables.
Mais je dirais que mon écriture est devenue plus fluide avec le temps. »
Une maturation naturelle, visible dans les thèmes, la construction narrative et la maîtrise de l’anglais littéraire qui caractérisent Street Sixteen.
Un nouveau lectorat anglophone émerge en Algérie
Le recueil connaît déjà un bel accueil auprès d’un lectorat jeune, curieux et surtout désireux de lire en anglais.

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Une publication partagée par Algerian Bookreaders – Nelia (@algerian_bookreaders)
La créatrice de contenu littéraire, Nelia (Algerian_bookraders sur Instagram) en témoigne et nous fait part de son appréciation après avoir lu le recueil :
« Je reprends goût à la lecture en anglais, et ce recueil de nouvelles me pousse à m’y plonger davantage. »
Des retours prometteurs pour Millicent I. Zahra, qui s’impose progressivement comme une des premières voix montantes de la littérature anglophone en Algérie.
Une jeune plume à suivre
Entre réécritures créatives, influences littéraires fortes et univers fantastiques ancrés dans un lieu profondément symbolique, Kahina Temzi semble avoir trouvé sa voie : écrire librement, dans la langue qu’elle aime, et partager des histoires où l’imaginaire flirte avec le réel.
Street Sixteen n’est pas seulement un livre : c’est une invitation à entrer dans une maison, celle de son enfance et à découvrir les fantômes, mythes et fragments d’histoire qui auraient pu l’habiter, tout droit sorti de l’imagination fertile de cette brillante plume qui se veut « Millicent » !

